CONTEXTE

Nosy Varika est un des districts les plus pauvres de la région de Vatovavy Fitovinany, située au Sud Est de Madagascar. Comme la plupart des zones rurales malgaches surtout à la côte est, le district est caractérisé par de nombreuses contraintes d’ordre naturel, culturel, sociologique et économique.

Géographiquement, la commune est enclavée et ses infrastructures sont peu développées. Les routes sont dégradées et beaucoup de fokontany (villages) sont à peine accessibles. En dehors du chef-lieu de district, l’absence de production d’électricité, de moyens de communication et le manque d’infrastructures en eau potable aggravent la situation. De plus, le nombre et l’état des écoles et des CSB existants ne pas suffisants. La détérioration des pistes rurales et l’inexistence de marchés provoquent la baisse des coûts des produits locaux ce qui, par conséquent, a entrainé une diminution très significative du niveau de vie de la population. Le corollaire de cet enclavement est l’absence de collecteurs et d’exportateurs de produits locaux, même si cette zone est considérée comme productrice de café, letchis et potentiellement de vanille, girofle et cannelle.

La productivité agricole est faible et d’autres sources de revenus n’existent pratiquement pas. Cela entraîne une situation d’insuffisance alimentaire chronique qui touche l’ensemble de la population, plus particulièrement les femmes et les enfants. Cette rude condition est d’autant plus lestée par les nombreux passages de cyclones, qui causent d’importants dégâts sur les cultures et les infrastructures, allant jusqu’à provoquer de graves crises alimentaires.

En période de soudure, cette situation alimentaire prend de l’ardeur avec le recours aux plantes sauvages toxiques, à la vente d’une partie de la production agricole pour des besoins financiers et à une alimentation déficitaire. Comme la population locale ne cultive que du riz et du manioc, les produits de première nécessité et les légumes sont rarement disponibles sur le marché ou ils sont vendus à prix exorbitant car importés des Hauts Plateaux, devenant de la sorte inaccessibles pour la grande majorité de la population.

Les groupes les plus vulnérables sont les femmes et les enfants de moins de 5 ans. Dans le district de Nosy Varika, beaucoup de femmes vivent seules avec leurs enfants, soit abandonnées par leurs maris, soit veuves. Étant seules responsables, souvent avec des enfants de bas âge, les femmes ont donc peu de temps pour s’occuper de leurs champs. Le manque de mains d’œuvre et l’absence de revenus stables pour assurer leurs besoins nutritionnels sont les deux facteurs principaux qui ont un impact désastreux sur la situation de leurs familles.

La situation s’aggrave à cause du fait que les femmes dépendent entièrement de l’agriculture alors que cette dernière est particulièrement risquée sur la côte est. En effet, dans le cas des nombreuses inondations qui tenaillent souvent cette région, les femmes ne disposent pas de sources de revenus alternatifs qui les aideraient à surpasser ces situations d’urgence. De plus, le calendrier agricole de la région ne permet pas une culture qui s’étend sur toute l’année, aussi variée soit-elle ; et les femmes ne disposent pas de connaissances avérées en conservation de denrées. Si les familles peinent déjà à combler leur besoin nutritionnel, il est évident en conséquence qu’elles manquent cruellement de moyens financiers afin de couvrir les besoins hors du secteur alimentaires et de pouvoir investir dans l’avenir.

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